De l’apprentissage à l’entrepreneuriat : Appolinaire transforme les déchets en opportunité. À Rumonge, au bord du lac Tanganyika, Apollinaire incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs engagés pour l’environnement.
Au fil de son parcours, il a eu l’occasion d’apprendre différentes techniques de valorisation des déchets alors qu’il vivait en Tanzanie. Grâce à des formations suivies dans ce contexte, il découvre notamment la production de charbon écologique à partir de résidus végétaux. Lorsqu’il rentre au Burundi, il décide de mettre ces compétences en pratique et de développer une activité utile à la fois pour l’environnement et pour l’économie locale. « Quand j’ai vu tous les déchets abandonnés, je me suis dit que ce n’était pas seulement un problème. Cela pourrait aussi devenir une ressource », explique-t-il.
Transformer les déchets en ressources Son activité principale consiste aujourd’hui à produire du charbon écologique, fabriqué à partir de déchets végétaux : herbes sèches, résidus agricoles, écorces ou encore restes de bananiers et de manioc. Ce charbon présente plusieurs avantages : il valorise les déchets qui seraient autrement abandonnés dans la nature ; il produit peu de fumée ; il constitue une alternative au charbon de bois traditionnel, responsable de la déforestation. « Au Burundi, beaucoup de gens pensent encore que les déchets ne sont qu’un problème. Mais nous voulons montrer qu’ils peuvent aussi créer de la valeur », explique Apollinaire.
Au-delà de la protection de l’environnement, cette activité permet également de créer des emplois et de générer des revenus. « Quand on transforme les déchets et qu’on vend les produits, cela permet de gagner de l’argent et de créer du travail pour d’autres personnes. » Un marché prometteur La demande pour le charbon écologique existe déjà. Selon Apollinaire, de nombreux habitants sont intéressés par ce produit, mais l’offre reste encore insuffisante. « Beaucoup de gens me demandent où ils peuvent acheter ce charbon. Le marché est grand. Si nous pouvions produire davantage, tout serait vendu. » Son objectif est ambitieux : atteindre une production pouvant aller jusqu’à 80 tonnes par mois.
Mais plusieurs défis restent à relever. Des défis logistiques importants Le premier obstacle concerne l’accès aux équipements. Les machines nécessaires pour produire à grande échelle représentent un investissement important. « Pour toutes les machines dont nous avons besoin, il faudrait environ 200 millions de francs burundais », explique-t-il. Un autre défi concerne l’énergie. Aujourd’hui, certaines machines fonctionnant au carburant, qui sont difficiles à trouver et coûteuses. Pour l’avenir, Apollinaire souhaite passer progressivement à des machines fonctionnant à l’électricité afin d’augmenter la production et de réduire les coûts. Les déplacements constituent également une contrainte importante.
Dans une région où les transports sont limités, il parcourt parfois plusieurs heures à vélo pour transporter ses matériaux ou rencontrer des partenaires. Une vision pour l’avenir Malgré les défis, Apollinaire reste déterminé. Son ambition est de structurer une véritable filière locale de production de charbon écologique, impliquant plusieurs producteurs et coopératives de la région. Pour lui, l’enjeu dépasse la simple activité économique. « Si nous valorisons les déchets, nous protégeons aussi l’environnement et le lac Tanganyika. Et en même temps, nous créons des opportunités pour les jeunes. » Son parcours montre qu’avec des compétences, de la persévérance et un peu de soutien, il est possible de transformer les déchets en solutions utiles pour la communauté.






